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International Karaté-Do Shotokan-Ryu Kase Ha
World Federation (I.K.S.K.H.)
Mise à jour : 21/06/2017


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Naissance du Karaté Shotokan

Gichin FUNAKOSHI, fondateur de l'école Shotokan

Gichin FUNAKOSHI en seïza

Né en 1868, Gichin FUNAKOSHI est issu d'une famille de fonctionnaires attachés aux traditions ancestrales. Il commence par étudier la médecine, mais un jour il prend connaissance d'une règle indispensable à toute carrière universitaire, à savoir que les élèves ne doivent plus porter le chignon traditionnel (symbole attestant le statut d'une famille attaché au respect de ses ancêtres).

Or pour Gichin, ce symbole est d'une importance capitale, en regard d'un culte des ancêtres fort développé à Okinawa.

Donc, il refuse de couper son chignon et décide d'abandonner la médecine. C'est seulement quelques années plus tard qu'il se décidera à couper son chignon, provoquant ainsi un cataclysme familial. Gichin devint ensuite enseignant vacataire dans une petite école de Naha. Il y restera une trentaine d'années, puis, ce sera le départ pour Tokyo.

Gichin apprend le Karaté à l'âge de 12 ans sous la houlette d'Anko Asato. À l'époque, les entraînements se font en secret et de nuit, dans le jardin du maître éclairés par une unique lanterne. Bien qu'Anko ASATO fut un des grands maîtres du Tode (ancien nom du Karaté), Gichin fut le seul élève célèbre.

C'est à ses débuts, dans le cycle secondaire, que Gichin fait la connaissance d'un autre grand maître, Anko ITOSU, ami d'Anko ASATO .Suivant les conseils de ce dernier, Gichin s'entraîne indifféremment avec l'un ou l'autre des deux maîtres .Les deux mentors ont cependant une conception différente du Karaté et une morphologie complètement opposée. Alors qu'ASATO est un homme grand et large d'épaules, ITOSU est assez petit et rondouillard. Ainsi, ASATO prône l'esquive et ITOSU le renforcement du corps pour absorber les coups.

C'est cette différence de conception qui fera, dans les années à venir, la richesse du Shotokan. Gichin continue à poursuivre son enseignement du Karaté sous la direction de ses deux maîtres.

En 1921, le prince impérial, alors en voyage, décide de s'arrêter à Okinawa. À cette occasion exceptionnelle, Gichin est chargé de diriger une démonstration de Karaté faite par des écoliers. Un an plus tard, une exposition nationale sportive est organisée à Kyoto et Gichin y est envoyé pour présenter le Karaté d'Okinawa .Jigoro KANO, fondateur du Judo alors occupant de hautes fonctions au ministère de l'éducation, est impressionné par la démonstration de Gichin FUNAKOSHI.

Aussi, il l'invite à faire une présentation du Karaté au Kodokan à Tokyo. Gichin présentera une démonstration axée sur les Kata et notamment sur Naifanchi (ancien Tekki).

Suite à cette présentation élogieuse, KANO conseille à FUNAKOSHI de tenter de diffuser le Karaté à travers le Japon.

À 53 ans Ginchi FUNAKOSHI quitte ses fonctions d'enseignant en laissant sa femme et ses enfants à Okinawa, (pensant qu'il les rejoindraient plus tard), pour s'installer à Tokyo.

Gichin FUNAKOSHI frappant sur un makiwara

N'ayant aucune ressource, Gichin travaille comme concierge dans une pension pour étudiants Okinawaïens. Il travaille à l'entretien de la pension et, parallèlement, il reçoit la permission d'utiliser une petite pièce pour commencer à y enseigner le Karaté.

Au début, peu d'élèves se présentent mais, au bout de deux ans, leur nombre augmente considérablement et la pièce devient bientôt trop petite pour les accueillir tous.

Gichin FUNAKOSHI en Shuto uke

En 1924, Gichin FUNAKOSHI écrit un premier ouvrage intitulé Ryukyu Kempo Karaté (Karaté, la boxe des Ryukyu), puis un second appelé Rentan Goshin Karaté Jutsu (Techniques du Karaté, renforcement et autodéfense).

Dans les années 30, un courant nationaliste envahi le Japon et, tout ce qui vient de Chine ou d'ailleurs fait mauvaise figure face à cette boulimie japonaise. Gichin, sentant le vent tourner, décide de prendre les devants en changeant les idéogrammes de "Tode" (signifiant jusque là la main de Chine) pour en faire "Karaté" (la main vide). Après avoir judicieusement choisi ses idéogrammes, il leur rajoute le terme de Do, "la voie".

Nombre d'anciens d'Okinawa critiqueront sévèrement ce changement d'attitude de FUNAKOSHI, lui reprochant de tourner le dos à ses racines .Mais l'histoire donna raison à Gichin FUNAKOSHI et, plus tard, tous les experts de Karaté adopteront cette terminologie. Le Karaté fut ainsi définitivement adopté comme membre à part entière de la culture du Budo.

L'enseignement du maître

Alors que le Karaté se développait, le Dojo de FUNAKOSHI devint rapidement trop étroit. C'est à cette période qu'Hakudo NAKAYAMA, célèbre maître de Kendo, proposera à FUNAKOSHI d'utiliser son Dojo pendant les heures vacantes. Mais, les deux activités étant en pleine expansion, il préférera quitter ce Dojo sept ans plus tard.

FUNAKOSHI loue alors une petite maison avec un jardin, sur lequel il fait poser des planches de bois et y dirige les entraînements. L'année suivante, il réussit à louer le rez-de-chaussée de la maison voisine et y installe son premier vrai Dojo.

En 1938, plusieurs élèves proposent à FUNAKOSHI de construire un Dojo. Il accepte et l'appelle Shotokan (la maison de Shoto, pseudonyme qu'il utilise lorsqu'il écrit des poèmes). Malheureusement, ce Dojo fut détruit pendant la deuxième guerre mondiale. C'est à partir de 1938, que FUNAKOSHI met en place le système de grades inspiré du Judo et fondé sur les Kyu et les Dan. Il délègue également l'enseignement universitaire à l'élève le plus ancien de chaque groupe d'étude.

Gichin FUNAKOSHI en shuto uke
Gichin FUNAKOSHI, fondateur de l'école Shotokan
Yoshitaka (Gigo) FUNAKOSHI, son influence sur le Shotokan

Peu de temps avant, son troisième fils, Yoshitaka a rejoint son père et suit son enseignement martial.

C'est lui qui aura la charge du Dojo.

Bien que naturellement maladif, Yoshitaka devient aux prix d'efforts incroyables, un expert dans son art.

Cependant, sa jeunesse lui font apporter des modifications au Shotokan que son père n'apprécie pas toujours. Il prône les techniques plus puissantes et dynamiques ainsi que le combat souple.

Sous l'impulsion de plusieurs élèves (dont Sensei NAKAYAMA), Yoshitaka FUNAKOSHI décide d'inclure l'exercice du combat libre dans son enseignement, ainsi que plusieurs nouveaux coups de pied tels que le mawashi geri et le yogo geri.

Lors d'une rencontre avec des pratiquants de Goju Ryu, Yoshitaka et plusieurs de ses élèves essuient une défaite retentissante.

Yoshitaka rentre alors à Tokyo et développe le combat libre selon plusieurs critères techniques et stratégiques afin d'en améliorer l'efficacité. Plusieurs autres rencontres contre différents élèves d'autres styles eurent alors lieu et Yoshitaka put ainsi tester l'efficacité de son enseignement en remportant d'autres rencontres.

Gichin FUNAKOSHI rentre en conflit avec son fils car il n'est plus du tout d'accord avec la tournure que prend le Karaté.

Après 1945, il est âgé de 77 ans et décide de repartir pour Okinawa et rejoindre ainsi sa femme, laissant le Shotokan à son fils.



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